Les Camps de la Honte

Le Camp de Bias

Dans l’amertume des harkis, ces anciens supplétifs de l’armée française rapatriés d’Algérie, se lit 56 ans de ballottement entre « invisibles » et « oubliés ». Un oubli palpable à l’ancien camp de Bias (Lot-et-Garonne) où rien ne subsiste, sauf leurs souvenirs. « Le plus dur pour moi, enfant, c’était la haie de cyprès, avec les barbelés juste derrière, tout autour du camp. Le fait de ne pas sortir, c’est ce qui me manquait le plus… » Bertrand Haffi, 54 ans, pointe du doigt la lisière du camp, aujourd’hui bordure d’une petite route, un champ de maïs, un abribus, une petite stèle.

Chacun à son souvenir du « Centre d’accueil de rapatriés d’Algérie » (Cara) de Bias, son nom officiel. L’unique douche hebdomadaire « un jour les hommes, un jour les femmes », le couvre-feu à 22H00, après lequel « les cafards revenaient dans l’obscurité », dans l’unique pièce où dormait toute la famille.

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Article de Presse

Les harkis du camp de Bias, « petite Algérie au cœur du Lot-et-Garonne », n’oublient pas

le camp de Bias a accueilli jusqu’à 1300 harkis dans des conditions récemment qualifiées d’indignes par le Conseil d’État. © Crédit photo : Lucien Delporte / archives Sud Ouest

Entre 1963 et 1975, le camp de Bias (47) a accueilli jusqu’à 1300 harkis dans des conditions récemment qualifiées d’indignes par le Conseil d’État. Du camp, il ne reste rien, ou presque. Sauf les souvenirs des enfants de ces anciens supplétifs de l’armée française, rapatriés d’Algérie et ballottés pendant plus de cinquante ans.

Entre 1963 et 1975, le camp de Bias (47) a accueilli jusqu’à 1300 harkis dans des conditions récemment qualifiées d’indignes par le Conseil d’État. Du camp, il ne reste rien, ou presque. Sauf les souvenirs des enfants de ces anciens supplétifs de l’armée française, rapatriés d’Algérie et ballottés pendant plus de cinquante ans.

Au mois de juin, début 1970, au camp de Bias, près de Villeneuve-sur-Lot. Comme chaque année, c’est la période des traitements anticafards et antirats. « J’ai le souvenir d’un homme masqué, équipé d’une grosse mitraillette. En réalité, il venait gazer les baraquements remplis de petites bêtes. » La scène a marqué André Azni, 53 ans, né sur place en 1965. Adda Moualkia, présidente de Génération harkis, arrivée en 1969, à l’âge de 3 ans, dans cette « petite Algérie au cœur du Lot-et-Garonne », en retient une autre facette. « Ce jour-là, on devait quitter nos maisons et tout le monde participait à un pique-nique sur le terrain de foot. C’était un moment de partage. »

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