Bibliographie

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ? Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ? Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

Harkis : personne d’origine algérienne ayant servi comme supplétif dans l’armée française en Algérie (de 1954 à 1962).

Mohand HAMOUMOU

Histoire de ces Français musulmans qui participèrent à des titres divers à l’action de la France en Algérie. L’auteur explique pourquoi le silence recouvre le destin de ces hommes, victimes d’un piège.

Camp de Bias : le Centre d’accueil des rapatriés d’Algérie ne se trouve pas à Bias par hasard. Il a été construit en 1930 pour héberger des ouvriers espagnols affectés à la construction d’une poudrière à Sainte-Livrade. En 1956, il sert à « loger » des ressortissants Français d’Indochine, trop nombreux pour être tous accueillis par le Cafi de Sainte-Livrade. Et en 1962, le maire de Bias, Robert Labessan, accepte cette fois l’arrivée des harkis.

Ce témoignage est le récit d’une enfance ballotée de camps en camps, toujours à l’écart des villages du sud de la France où l’auteure a grandi.

Vingt-six femmes et trente-six hommes d’horizons et de professions variées se racontent ici. Soixante deux personnes en rappel à l’année 1962, fin de la guerre d’Algérie, pour beaucoup année Zéro de leur itinéraire. Ces 62 portraits sont autant de témoins de l’Histoire franco-algérienne qui racontent leur rapport avec le pays d’origine, avec la France, et la transmission de ce passé si présent à leurs enfants. Le livre a reçu la participation de Jean-Jacques Jordi, Gilles Manceron, Abderahmen Moumen et Yann Sciolo-Zurcher. Voir aussi cet article (lire en ligne).

Les parents de l’auteur ont travaillé dans le camp de harkis de Saint-Maurice l’Ardoise. Pour découvrir la BD, nous vous invitons à lire les articles parus dans Le Figaro, dans Le Monde, ainsi que sur le site actua

BOUNEB Khader D. : « Délit de faciès – Intégration des harkis ? », Editions Tougui, 1991 L’auteur, est enseignant à l’université et possède une triple formation (Anthropologie, Psychologie et Histoire. A partir de méthodes scientifiques éprouvées, il entreprend d’évaluer le poids de la couleur de la peau et son rapport avec l’adaptation, l’identité et le profil psychologique dans le parcours existentiel des harkis et plus particulièrement de leurs enfants. Tout se passe comme si la société d’accueil éliminait de sa représentation tous les individus qui ne lui renvoient pas l’image qu’elle veut avoir d’elle-même.

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